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Thème :

Francisation des nouveaux arrivants

La pleine participation des personnes immigrantes à la société québécoise est intimement liée à la question linguistique. D’un côté, le Québec s’attend à ce que l’immigration contribue à la vitalité du français, quelle que soit la langue maternelle des personnes qui décident de s’installer au Québec. De l’autre, la contribution des personnes immigrantes à la prospérité économique passe par la maîtrise de la langue du travail dans un contexte où le marché de l’emploi met souvent en concurrence le français et l’anglais. Il est donc impératif de faire en sorte que ces deux objectifs se rencontrent et se renforcent mutuellement au moyen de services de francisation performants, diversifiés et accessibles partout au Québec.

La langue maternelle ainsi que la langue parlée à la maison sont des indicateurs imparfaits de la vitalité de la langue française puisqu’ils ne tiennent pas compte de la francisation des personnes immigrantes qui, sans abandonner leur langue d’origine, apprennent le français et l’utilisent couramment. Une récente étude de l’OQLF sur les projections de certaines caractéristiques linguistiques du Québec révèle que la maîtrise du français par tous les citoyens du Québec devrait continuer de s’établir au niveau de 90 % en 2036. Bien que ce chiffre soit encourageant, nous croyons qu’il y a lieu de poursuivre les efforts et de proposer de nouvelles mesures, notamment pour assurer une meilleure francisation des nouveaux arrivants.

Depuis 2018, les sommes transférées au Québec par le gouvernement fédéral dans le cadre de l’Accord Canada-Québec relativement à l’immigration et à l’admission temporaire des aubains ont augmenté de plus de 90 millions de dollars, atteignant près de 650 millions de dollars annuellement. Ces sommes importantes, qui sont destinées à l’intégration linguistique et professionnelle des personnes immigrantes, donnent au Québec toute la marge de manœuvre requise pour soutenir un effort de francisation large et ambitieux.

Par ailleurs, nous savons que la francisation est grandement ralentie par la pénurie d’enseignants qualifiés. Les instances de francisation ne sont donc plus en mesure de répondre à la demande et une grande partie de la clientèle se retrouve sur une liste d’attente et est freinée dans son intégration. Nous croyons que nous devons également nous pencher sur l’accès à la formation et sur les conditions de travail de ces enseignants qui ont, trop souvent, des statuts temporaires et précaires. Compte tenu des besoins actuels et futurs, des efforts qui devront être déployés pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre et de notre proposition d’offrir des cours de français gratuits pour tous ceux et celles qui doivent ou veulent mieux maîtriser le français, la demande pour les enseignants ne fera qu’augmenter et un statut permanent pour ceux-ci s’impose.

Nous proposons donc :

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De bonifier et de renforcer l’utilisation du programme Accompagnement Québec, ayant pour mandat de coordonner l’accueil, la francisation, ainsi que l’intégration professionnelle, sociale et culturelle des personnes immigrantes en synergie avec le vaste réseau d’organismes communautaires œuvrant dans ce domaine, notamment dans le but de proposer une offre linguistique et culturelle globale aux nouveaux arrivants;

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De bonifier les investissements en francisation, notamment en favorisant le développement d’initiatives de francisation en milieu de travail;

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De prendre les mesures nécessaires pour résorber la pénurie d’enseignants en français langue seconde.

 

Les propositions mises de l’avant ont fait l’objet d’une réflexion approfondie à la suite de plusieurs consultations.

Pour nous engager dans cette démarche, nous avons d’abord identifié les principes fondamentaux qui devaient nous guider. Pour nous, c’était nécessaire d’identifier les assises autour desquelles l’ensemble des Québécoises et Québécois, de toutes les origines, peut aisément s’unir et se rallier.